Conseils
Comment écrire pour être lu ?
Les règles de l’écriture journalistique existent bien. Si cette écriture n’est pas le modèle du français classique, elle est efficace, communicante. Animés par le désir d’accrocher les lecteurs, les journalistes trouvent les images, affinent les formules, inventent les rythmes qui disent la vigueur de la langue d’aujourd’hui. Cela dans tous les genres journalistiques.
Si l’écriture dite journalistique est celle que l’on trouve dans les journaux, le pluriel s’impose. Quoi de commun, en effet, entre un billet d’humeur, le compte rendu d’une assemblée générale, l’annonce d’une manifestation, un éditorial, un portrait, une interview, un dossier ? Rien. Ou presque : le souci d’être lu par les lecteurs concernés. Et ce que l’on sait de la lecture du journal génère quelques règles, et des conseils à suivre.
- Prendre en compte la façon dont les lecteurs lisent le journal. Car le journal est vu avant d’être lu et le lecteur est zappeur, exigeant et pressé.
- Choisir des sujets et des angles d’attaque, " proches " des lecteurs. Cette proximité peut être géographique, chronologique, thématique et/ou affective.
- Trouver le genre journalistique et le ton qui conviennent au sujet : compte rendu, reportage, interview, commentaire, information service, billet ou critique ? Un ton clinique, distant, sensible, grave, léger, humoristique, pédagogique, solennel ou complice ?
- Soigner la mise en page et les " entrées de l’article ". Dans une mise en page claire et aérée : un bon titre (informatif et, si possible, incitatif), une bonne photo avec sa légende, des paragraphes et des intertitres, des citations repérables.
- Répondre aux cinq questions de référence : Who, when, what, why, where, c’est " la règle des 5w ". Il faut la respecter pour que l’information soit complète. Qui, quand, comment, où, quoi, pourquoi… c’est bien aussi.
- Rendre l’article intéressant, informatif et incitatif, dés le début. La première phrase doit donner envie de continuer et l’information doit se trouver au début de l’article. Utiliser les expressions, les images, les anecdotes les plus " parlantes "…
- Donner de la vie et du rythme aux phrases. A tout moment le lecteur peut quitter l’article : éviter les longues phrases, soigner la ponctuation (: ; ,), choisir des mots simples, riches, concrets et les préférer courts.
- Privilégier les verbes actifs et le temps présent. Préférer la forme active à la forme passive, le présent ou le passé composé à l’imparfait ou au passé simple.
- Relire attentivement, partir à la chasse aux mots inutiles… et aux fautes d’orthographe ! Lire et réécrire le projet d’article à la recherche des mots qui n’apportent rien : " à noter que, il faut souligner que… ", éviter les adverbes ou adjectifs inutiles. Faire relire par un ami exigeant.
- Intégrer ces règles au point de les oublier. Pour laisser libre court à son " style " , à la personnalité de son écriture. Une expression authentique peut atteindre l’universel….
Glossaire
Accroche
Une ou deux phrases en tête d’article, destinée(s) à retenir, "accrocher" l’attention du lecteur. S’emploie aussi en publicité, avec le même objectif.
A la fin de l’article, on parle de "chute".
Billet
Court article de commentaire donnant une vision personnelle, piquante ou humoristique, d’un fait d’actualité.
Brève
Par opposition au dossier ou à l’enquête, la brève est un texte court, une "nouvelle brève" (dix lignes maximum). Elle donne en trois ou quatre phrases une information très concise, sans titre, qui répond obligatoirement aux questions: qui, quoi, quand, où, et parfois comment et pourquoi.
Une brève est rarement seule, elle est présentée dans une colonne de brèves. Lorsqu’elle a un titre, on l’appelle "filet". Dans un cadre, elle devient "encadré".
Chapô/chapeau
Texte d’introduction qui "coiffe" un article, généralement présenté en plus gros, et en caractères gras. À mi-chemin du résumé et de l’accroche, il concentre en quelques lignes l’essentiel de l’information. Le chapô fait partie de la titraille.
Corps
Taille d’un caractère. Plus la "force de corps" est élevée, plus la lettre est grosse. Traditionnellement, le corps se mesure en points (unité typographique inventée au XVIIIe siècle par un imprimeur). Exemple : un texte en corps 6 est difficile à lire (6 points font un peu moins de 2 mm de haut). Les textes des magazines vont du corps 10 au corps 12. Un titre sera composé en corps 48 et plus.
Inter
Abréviation d’ "intertitre" : titre intermédiaire (une phrase ou quelques mots), composé en plus gros, en couleur, en gras…, qui rythme les colonnes de texte, de façon à en rendre la lecture moins fastidieuse. En théorie, il devrait suffire de lire chapô et inters pour connaître les informations essentielles d’un article.
Interview
L’interview consiste à interroger quelqu’un de représentatif d’un sujet, ou tout au moins quelqu’un dont les propos sont censés être significatifs. Ce genre est très approprié au souci de vulgariser, car il fait appel au langage parlé et à la spontanéité. Il est donc explicatif et donne à entendre.
Légende
Court texte accompagnant une photo ou un dessin et visant à lui donner un sens. Une légende peut être descriptive, interprétative, informative.
En bonne théorie, aucune photo ne devrait paraître sans sa légende.
Niveaux de lecture
Plusieurs éléments contribuent à rendre un article plus lisible et plus attrayant:
- le chapeau, ou "chapô" dans le jargon journalistique: court texte précédant un article, donnant l’information essentielle (comme un résumé) et accrochant le lecteur. Le chapeau coiffe l’article.
- la titraille: titre, surtitre et sous-titre (au-dessus et au-dessous du titre), intertitre (dans la colonne de texte). Plus l’article est long, plus chacun de ces éléments est nécessaire.
- la légende de la photo: court texte qui explique au lecteur le sens que le journaliste donne à la photo. La légende doit être accompagnée du crédit photo (nom du photographe, de l’agence).
Signe
Lettre, signe de ponctuation, blanc entre les mots sont des signes. Le signe est l’unité de base du feuillet. Calculer le nombre de signes d’un papier permet de prévoir la surface qu’il occupera dans la page. Les Anglo-saxons ne comptent pas au signe, mais au mot.
Photo
La photo est l’un des arguments clés du contenu et de la présentation rédactionnels. Elle vise à accrocher le regard du lecteur, à retenir son attention, à donner plus de force à une information… Photo-information ou photo-illustration, elle participe à l’équilibre texte-illustrations qui favorise l’entrée dans la page.
Titraille
Ensemble des éléments d’un titre (surtitre, titre principal, sous-titre), dont la diversité typographique est destinée à attirer le regard.
Puis viendra le chapô. Une accroche au centre de la page peut compléter cet arsenal de "niveaux de lecture", censés faciliter l’entrée dans un texte.











